Article paru dans le numéro 129 de mars 2006.
Favoriser le retour des expatriés de la solidarité internationale
C'est en juillet 2002 que Résonances Humanitaires voit le jour. Objectif : aider les expatriés des missions de solidarité à ne pas tomber dans l'isolement à leur retour et à retrouver une activité professionelle.
Partir en voyage humanitaire n'est pas facile : on ne connaît ni le pays, ni les coutumes, ni la langue, et l'on ne sait pas trop ce qui nous attend. Mais revenir est peut-être plus dur encore. L'association Résonances Humanitaires est là pour accompagner les expatriés dans leur recherches d'emploi et prévenir les difficultés récurrentes de retour de mission.
GERER LE RETOUR
Résonances
Humanitaires est née grâce à l'initiative d'Eric Gazeau,
son directeur : "J'étais parti en voyage humanitaire pour
six mois, j'y suis resté huit ans. Le retour n'a pas été
facile. Deux ans plus tard, j'ai mobilisé des personnes qui, comme
moi, rencontraient des difficultés. Nous avons décidé
de créer une association pour aider les expatriés en retour
de missions", indique t-il.
Les difficultés qui guettent le public de l'association sont multiples
: il faut digérer l'expérience et avoir assez de discernement
pour séparer l'avant et l'après-mission.
Seconde difficulté, l'aspect matériel : vous partez avec
le statut de volontaire et l'indemnisation que vous recevez est trop faible
pour entreprendre une réorientation professionnelle, sans compter
que le statut d'expatrié humanitaire ne permet pas de cotiser aux
Assedic.
Enfin,
il y a tous les préjugés : "Lorsque l'on se présente
à un entretien, le recruteur ne voit parfois que l'aspect sensationnel
de la mission. Il pense que l'on est un idéaliste, que l'on
ne s'intégrera jamais dans un organigramme. Il ne voit pas les
compétences, alors que 75% des missionnaires ont managé
des équipes de plus de cinquante personnes ou géré
des budgets d'un million d'euros !", regrette Eric Gazeau.
UNE APPROCHE INDIVIDUELLE
Voilà
le rôle que s'est fixé Résonances Humanitaires : servir
de réseau d'entraide au retour, à la place des ONG qui ne
peuvent se le permettre faute de moyens.
Lorsqu'un expatrié arrive à l'association, il fait le tri
de ses préoccupations avec l'aide d'un bénévole :
problèmes administratifs, de logement, ou, le plus souvent, d'emploi.
Un consultant volontaire peut intervenir et, à l'aide d'un questionnaire,
remettre au point CV et projet professionnel. Si les difficultés
persistent, un bilan de compétences est conseillé.
En parallèle, des offres d'emploi sont proposées par les
partenaires ou les anciens adhérents qui ont trouvé un poste,
ces derniers pouvant rencontrer les nouveaux membres le premier samedi
de chaque mois, lors d'échanges au centre socioculturel Cerise
du deuxième arrondissement de Paris.
UN FINANCEMENT DIFFICILE
Résonances
Humanitaires, c'est aujourd'hui 280 adhérents, vingt bénévoles
et quatre partenaires qui proposent postes et financement : Pierre et
Vacances, Ouest France, Médecins sans frontières et le centre
socioculturel Cerise.
Mais, il n'est pas évident de réunir les fonds nécessaires
pour financer une telle association. L'argent récolté vient
des cotisations des adhérents (20 euros), des dons faits par les
ONG et les particuliers ou des subventions des entreprises appuyant Résonances
Humanitaires. Mais cela ne suffit pas, et Eric Gazeau n'a pas hésité
à faire appel aux adhérents dans sa lettre de vux
pour la nouvelle année : "Résonances Humanitaires est
une action collective ambitieuse et complexe. (
) Toute aide ou renseignement
pouvant faciliter la recherche de soutiens financiers supplémentaires
seront les bienvenus."