Article paru dans L'Etudiant Décembre 2004 - Janvier 2005 n° 269 - Baptiste Blanchet
HUMANITAIRE Entre passion et précarité
Compétences pointues exigées, postes salariés rares Difficile de faire carrière dans une ONG.

Du
statut de volontaire à celui de salarié
Mais,
alors que les exigences des recruteurs n'ont jamais été
aussi fortes, les postes restent mal rémunérés et
précaires. " On se trouve dans une situation paradoxale, avec
un marché exigeant en termes de compétences, mais pour lesquelles
les ONG n'assurent ni le niveau de salaire, ni le statut correspondant
", souligne Eric Gazeau, ancien expatrié qui dirige l'association
Résonances Humanitaires.
Manque de moyens ou question de principes ? En attendant de résoudre
ce paradoxe et de bénéficier d'une situation plus confortable,
les humanitaires enchaînent des missions avec le statut précaire
de volontaire de la solidarité internationale. Sous contrat à
durée déterminée, ils sont défrayés
sur place et perçoivent une indemnité de 600 à 1000
euros par mois, plus une couverture sociale. A leur retour en France,
si les expatriés ne remplissent pas les conditions pour le RMI
ou l'assurance-chômage, ils peuvent toucher pendant neuf mois une
prime forfaitaire de réinsertion. Dans ces conditions, est-il possible
de faire carrière dans l'humanitaire ?
La question fait débat. "C'est une possibilité. Chez
nous, certains arrivent de petites structures, d'autres nous quittent
pour la Croix Rouge Internationale ou des agences des Nations Unies. Quand
on accumule les missions avec des responsabilités, on peut finir
par passer du statut de volontaire à celui de salarié ",
note Arnaud Laurent, qui travaille à MSF depuis 12 ans.
" Sur le terrain, les humanitaires rencontrent diverses ONG et choisissent
celle pour laquelle
ils préfèrent travailler en fonction du pays ou du secteur
d'activité qui leur plaît ", raconte Guillaume Villeneuve,
logisticien à ACF. Si certains parviennent à multiplier
les expériences, beaucoup ne font qu'un passage, en moyenne de
deux ans, en mission.
Le blues du retour
Car le terrain use. " Ce qui est à la fois effrayant et prenant, précise Stéphane Rousseau, coordinateur des questions relatives au sida pour l'OMS (Organisation Mondiale pour la Santé) aux Philippines ..."