Article paru dans Les Echos du 3 février 2005 Derek Perrotte
Compétences - MANAGEMENT
La cote des humanitaires monte chez les DRH Longtemps dédaignés par les entreprises, les candidats issus du monde de l'humanitaire reviennent lentement en grâce, pour leurs qualités personnelles.

Sous-estimée, l'expérience des volontaires souffre aussi d'être maladroitement revendue. "Le défaut classique de ces candidats est de focaliser leur discours sur le pathos, sur l'aspect émotionnel de leur expérience, alors qu'ils devraient au contraire rassurer l'entreprise en expliquant les compétences techniques et comportementales qu'ils y ont développées", insiste Vincent Renard, conseiller Apec.
Et pas question pour lui de ne blâmer que les entreprises : "Les ONG devraient plus se soucier de préparer leurs volontaires au retour à l'emploi. Mais elles manquent souvent de moyens financiers pour cela." De plus, comme l'explique Myriam Genel, "à notre retour, on est sur des réseaux différents ; et sans conseils, trouver un emploi est encore plus difficile."
Un vrai manque de préparation
Pour y parer, un accompagnement s'avère décisif. Ce que fait notamment l'AFVP, où tout retour de mission s'accompagne, comme l'explique Jean-Marc Bourreau, le responsable recrutement de l'AFVP, "d'un stage destiné à les aider à réfléchir aux compétences développées sur le terrain et leur utilité en entreprise ; ainsi, ils peuvent définir au plus près leur projet professionnel et cibler leur recherche."
C'est
pour pallier ce manque de préparation qu'Eric Gazeau et ses camarades
ont créé en 2002 Résonances Humanitaires, une association
d'aide au retour à l'emploi des volontaires. Objectif : les aider
à sortir du vase clos du secteur humanitaire et faire connaître
leurs expériences. Au programme, conférences, rencontres
entre recruteurs, responsables d'entreprises et volontaires, bilans de
compétences et conseils. "Il faut faire connaître les
métiers de l'humanitaire. Elles pensent souvent que, comme ce n'est
pas un statut de salarié, ce n'est pas un vrai travail !",
insiste Eric Gazeau. Au final, son constat est partagé : information,
dialogue et échanges doivent permettre d'ouvrir les portes de l'entreprise
aux ex-humanitaires.