Journaliste de formation, Alexandre est arrivé comme observateur pour les élections au Mozambique en 1994 avant d'enquêter au Rwanda sur le génocide et d'enchaîner les missions.

Photo Vialeron Le Figaro
Statut hybride
Une situation qui tient en partie à leur statut hybride, "caractéristique d'un engagement à mi-chemin de l'exercice de l'activité professionnelle et du militantisme", soulignent Pascal Dauvin et Johanna Siméant, auteurs d'un ouvrage sur ce thème. C'est pourquoi les professionnels de l'humanitaire sont nombreux à réclamer une évolution du statut du volontariat, notamment une différenciation entre les personnes s'engageant sur le court terme (un à deux ans
maximum) et celles qui s'investissent sur le long terme. La généralisation du salariat, à l'image de nombreuses ONG anglo-saxonnes, est également évoquée. Sur ce modèle, plusieurs ONG françaises, telle Médecins Du Monde, commencent à salarier leurs expatriés.
L'absence d'un véritable accueil au retour par les associations est souvent pointée du doigt. La plupart des ONG assurent, tout au plus, un débriefing et une aide psychologique. "On n'a pas les moyens de structurer un accueil au retour" constate Christophe Moreau, chargé des
ressources humaines à Solidarités. Celui qui vient frapper à la porte des ONG a donc rapidement le sentiment de déranger.
"C'est d'autant plus difficile à accepter qu'ils ne se gênent pas pour te rappeler dès qu'ils ont à nouveau besoin de toi", dénonce Laurent. La stratégie des ONG consiste donc bien à sélectionner les candidats au départ. "C'est autant de travail en moins au retour", reconnaît Christophe Moreau.
Cécile CALLA