Article paru dans Challenges - Septembre 2004 n° 230. Bertrand FRAYSSE
Que vaut sur un CV l'expérience ONG ?
Les anciens des ONG sont perçus, à tort, comme incapables de se plier à lautorité et, à raison, comme des individus exigeant beaucoup dautonomie dans leur job. « En recherche demploi, je me suis heurté à une vraie méconnaissance du monde de la solidarité internationale » , témoigne Philippe Pujol, aujourdhui consultant à Siloe, cabinet spécialisé dans le développement des associations. Pour pallier cette incompréhension, lassociation Résonances humanitaires élabore un partenariat avec lApec.
De leur côté, les anciens de lhumanitaire doivent apprendre à « traduire leurs compétences dans le langage des entreprises » , selon le conseil de Béatrice Audollent. Ou reprendre le chemin des études, ainsi que la fait Philippe Pujol, après six ans passés en ONG. « Javais un niveau bac + 2, avec un BTS daction commerciale et un diplôme de lécole de logistique humanitaire Bioforce. Grâce à la VAE, la validation des acquis dexpérience, je lai transformé en bac + 4 pour intégrer lInstitut dadministration des entreprises. » Un passage qui lui a permis dintégrer un cabinet de consultants.
6- Garder un pied dans lhumanitaire
Pour ceux qui ont réussi leur reconversion, un problème
demeure : poursuivre son engagement. A limage de Bruno Bigourdan,
lemployeur de Philippe Pujol, certains accordent des congés
sans solde à leurs collaborateurs désireux de repartir pour
des missions ponctuelles à létranger. Lassociation
Congé solidaire (www.congesolidaire.org) propose même des
missions courtes, financées par lentreprise. Un bon moyen
de tester sa motivation pour ceux que la vocation prendrait sur le tard.